La présence d’éléphants à Inkomu ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche et l’écotourisme
Réputé pour sa forte concentration de bonobos, Inkomu, situé sur le chenal de la Lomela, dans les confins du Bloc Nord du Parc national de la Salonga, accueille depuis 2023 le Programme d’Habituation des Bonobos (PHB). Alors que le programme enregistre des avancées importantes, une découverte récente pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour la recherche et l’écotourisme : la présence d’éléphants dans la zone.
Au mois d’août, les pisteurs ont rapporté des crottes fraîches et d’autres indices attestant du passage de pachydermes à Inkomu. Cette observation intervient après la présence récemment signalée d’hippopotames sur une plage voisine. Si la fréquentation des éléphants se confirme dans la durée, Inkomu pourrait ainsi devenir un site particulièrement intéressant pour l’observation d’une diversité d’espèces emblématiques de la Salonga, notamment les bonobos, les éléphants de foret et les hippopotames.
Des opportunités pour la recherche et l’écotourisme
Le passage régulier des éléphants pourrait contribuer à l’ouverture naturelle de certaines pistes forestières et favoriser la fréquentation de la zone par d’autres grands mammifères, tels que le bongo, le sitatunga ou le buffle dont certains intègrent également les crottes d’éléphant dans leur alimentation. Les traces laissées par les éléphants pourraient également fournir de nouvelles pistes de recherche sur les interactions entre espèces et sur la dynamique de la faune dans cet habitat.
Cette présence ouvre surtout des possibilités pour mieux documenter les déplacements, les individus ou groupes, la fréquence des visites et les facteurs qui attirent ces animaux. À plus long terme, des recherches pourraient évaluer les conditions permettant une éventuelle habituation progressive des éléphants à la présence humaine, dans le respect des impératifs de conservation.
Une telle évolution pourrait contribuer à développer un écotourisme combinant l’observation des bonobos, des éléphants et d’autres grands mammifères sur un même site, renforçant ainsi l’attractivité de la Salonga.
Un défi de sécurité à anticiper
Cette perspective s’accompagne toutefois de défis importants. Les rencontres imprévisibles avec les éléphants, particulièrement la nuit, peuvent présenter des risques pour les équipes de terrain. Des femelles accompagnées de petits peuvent notamment adopter des comportements défensifs. Le renforcement des briefings, des protocoles de sécurité et du suivi des animaux apparaît donc essentiel à mesure que la fréquentation du site par les éléphants se confirme.