33.500 km²

Plus grand parc forestier d'Afrique. Plus vaste que la Belgique.

40 %

Le parc renferme potentiellement 40% de la population mondiale de bonobos.

95 %

Près de 95% du paysage sont couverts de forêts.

Importance du parc pour la RDC et le monde

Une forêt marécageuse dense. Une canopée élevée et resserrée d’où se font entendre les cris des oiseaux. Des rivières ondulantes bordées de plages de sable sur l’une des rives et d’arbres et de palmiers sur l’autre rive. Des singes hauts perchés dans les arbres saluant les passagers des pirogues. Dérangée dans sa tranquillité, une nuée de chauves-souris frugivores vole au-dessus d’une île de la grande rivière. Un pêcheur salue de l’autre côté de la limite du parc national. Une petite antilope sitatunga traverse d’un bond un petit ruisseau. Une paire de calaos vole au dessus des arbres. Un aigle palmiste décrit des cercles dans le ciel.

Le Parc national de la Salonga est la plus grande aire protégée de forêt tropicale en Afrique. Aujourd’hui il est l’un des rares endroits au monde qui soit suffisamment grand et en grande partie non perturbé par l’activité humaine, permettant ainsi la poursuite des processus évolutionnaires à un rythme naturel. Salonga est situé au cœur du Bassin du Congo, au sud du fleuve Congo. Il couvre 33.350 km². Il est composé de deux blocs (nord et sud) séparés par un corridor d’environ 45 km de large. La forme des deux blocs rappelle des poumons humains. Et oui, la nature respire véritablement ici.

Salonga est la plus grande aire protégée de forêt tropicale en Afrique.

Une immense biodiversité

Qu’entendez-vous? Un singe, un oiseau, un insecte? La pluie? Une chauve-souris? Un scarabée? Que voyez-vous? Les champignons luisants dans la nuit? Un rayon de soleil?

Combien de singes d’Afrique connaissez-vous? Et bien, une des communautés de primates les plus diverses en Afrique habite la Salonga. Elle comprend le mangabey à ventre doré (Cercocebus chrysogaster), le colobe rouge de Thollon (Piliocolobus tholloni), le colobe d’Angolas (Colobus angolensis), le singe des marais d’Allen (Allenopithecus nigroviridis), le singe de De Brazza (Cercopithecus neglectus) et le mangabey noir ( Lophocebus aterrinus). Salonga abrite aussi le paon congolais, un oiseau majestueux que l’on retrouve uniquement dans les forêts du Bassin du Congo.

A ce jour, nous connaissons 51 espèces de mammifères, 129 espèces de poissons et 223 espèces d’oiseaux  vivant dans le parc. Certainement, beaucoup plus d’espèces seront découvertes dans l’avenir. Plusieurs de ces espèces sont reconnues internationalement comme étant menacées, particulièrement l’éléphant de forêt et le bonobo. D’autres grands mammifères présents sont le léopard, neuf espèces d’antilopes dont le bongo et cinq espèces de duikers, le pangolin géant et l’hippopotame.
Les services environnementaux fournis par ces écosystèmes aux communautés vivant autour du parc ainsi qu’à l’ensemble du Bassin du Congo sont donc considérables, spécialement en termes de stockage du carbone, de régulation du climat ainsi que pour la production d’eau, de poisson et de viande (de brousse).

Plusieurs de ces espèces sont reconnues internationalement comme étant menacées, particulièrement l’éléphant de forêt et le bonobo.

Menaces contre le Parc national de la Salonga

Les menaces contre la faune de la Salonga sont principalement liées à la chasse illégale. En règle générale, la loi congolaise interdit la chasse dans les parcs nationaux. Toute chasse à l’intérieur du Parc national de la Salonga est par conséquent prohibée et considérée comme du braconnage. L’interdiction de la chasse n’est généralement pas suivie ce qui conduit à une baisse du nombre d’animaux. Le Parc national de la Salonga réagit par des activités d’application des loi exécutées par 250 écogardes,  un engagement actif ainsi que le dialogue avec les communautés.

Un site du patrimoine mondial en péril

Le parc est inscrit depuis 1984 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le Parc National de la Salonga a reçu le statut de patrimoine mondial parce qu’il “représente l’un des très rares biotopes existants absolument intacts en Afrique centrale. De plus, il comprend de vastes zones marécageuses et des forêts galeries pratiquement inaccessibles, qui n’ont jamais été explorées et peuvent être considérées comme pratiquement vierges. ” L’UNESCO a également soutenu que” La vie végétale et animale du Parc national de Salonga constitue un exemple d’évolution biologique et d’adaptation des formes de vie dans un environnement équatorial complexe de forêt dense. La grande taille du parc assure la possibilité d’évolution continue des espèces et des communautés biotiques dans la forêt relativement non perturbée. ”

Au cours de la 23 ème réunion du Comité du Patrimoine mondial en 1999, le Parc National de la Salonga été inscrit sur la liste des sites du Patrimoine Mondial en péril.

Le comité a décidé de placer le Parc National de la Salonga dans la liste des sites en péril en raison du braconnage excessif qui s’y déroulait à l’époque et des empiètements illégaux. A cette époque le nombre des éléphants en particulier avait chuté de manière drastique. Les gestionnaires du parc n’étaient pas capables de contrer le braconnage massif.

Le parc national de Salonga est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Depuis 1999, Salonga figure sur la liste des sites du patrimoine mondial en péril.

Retirer Salonga de la liste des sites du Patrimoine mondial en péril

Lors d’une mission effectuée en 2012,  l’UICN et l’UNESCO ont souligné les mesures nécessaires pour retirer Salonga de la liste des sites du Patrimoine Mondial en péril.

Depuis 2011, un certain nombre de démarches ont été accomplies pour respecter ces recommandations. Assurément, le plus grand effort a été l’accord de co-gestion entre le WWF et l’ICCN qui avec l’appui généreux des bailleurs et des partenaires d’exécution œuvre pour que le parc national de la Salonga soit retiré de la liste des sites du Patrimoine Mondial de l’UNESCO en péril.

Démarches à accomplir

  • Contrôler le braconnage grâce à l’augmentation des patrouilles régulières
  • Travailler avec les principales parties prenantes dans tout le paysage autour du parc fin d’éliminer le braconnage et organiser un dialogue régulier
  • Développer une stratégie de lutte anti-braconnage et des mécanismes de suivi des progrès
  • Conduire des inventaires écologiques pour évaluer les chiffres de faune et orienter la stratégie de lutte anti-braconnage

  • Résoudre les conflits autour des zones de pêches en fixant clairement les limites du parc avec la participation des pêcheurs locaux
  • Elaborer une stratégie en collaboration avec les populations locales, en particulier dans le corridor entre le bloc nord et le bloc sud, afin d’assurer un continuum écologique