La faune se maintient dans le secteur de Monkoto en dépit de la pression humaine révèle une récente étude
De juin à octobre 2025, le département de bio monitoring du Parc national de la Salonga a conduit une étude d’occupation spatiale multi-espèces sur une superficie d’environ 1 500 km², dans le secteur de Monkoto, autour du bai de Bekalikali, dans le bloc Sud du parc. L’étude avait pour objectif d’évaluer la distribution de la faune et l’impact des pressions humaines afin de mettre en place un modèle d’occupation des différentes espèces dans cette zone clé du PNS et planifier les interventions nécessaires en vertu des menaces identifiées.
Malgré une présence humaine croissante, les résultats révèlent le maintien d’une densité faunique remarquable, témoignant de la résilience des écosystèmes locaux. Les analyses montrent une forte prévalence des céphalophes, suivis des éléphants de forêt et des potamochères.
Grâce au logiciel Survey123, la mobilisation de 24 agents de terrain et le déploiement de 60 caméras pièges, l’étude a permis de collecter 3 554 occurrences d’espèces.
Leur analyse met en évidence une prédominance des céphalophes (82,32 %), notamment les céphalophes à dos jaune, à front noir, bai, bleu et de Peters. Les potamochères représentent 10,8 % des observations, suivis des éléphants (3,5 %). D’autres espèces ont également été documentées, telles que le bonobo (0,9 %), le bongo (0,75 %), certains primates (singe Ascagne et singe de Brazzaville, 0,5 %) ainsi que le léopard (0,33 %). La présence humaine est estimée à 0,5 % sur l’ensemble des images analysées.
Au total, 25 espèces animales ont été documentées, bien que certaines – comme les pangolins, l’oryctérope, la civette, l’athérure ou le chevrotain aquatique – apparaissent en proportions très faibles.
Comparée aux études précédentes, cette analyse met en évidence une augmentation de la pression humaine, dans la zone de concentration des espèces. Face à ce constat, l’étude recommande l’intensification des patrouilles de surveillance, le renforcement des activités de gestion adaptative des ressources naturelles et une meilleure intégration des données scientifiques dans la prise de décision.
Enfin, le service de biomonitoring préconise la généralisation des études d’occupation spatiale à l’ensemble du parc, afin d’améliorer la cartographie des zones essentielles à la biodiversité et de renforcer les stratégies de conservation de la faune dans le parc.
Potamochères
Eléphants de forêt